Extrait 1 : Mon héritage

Voilà ! Voilà ! Je suis de bonne humeur, alors, je vous fais découvrir les deux premiers chapitres de "Mon héritage" dans l'attente de sa sortie le 31 octobre prochain. J'espère que ça vous plaira et que les réfractaires au fantastique seront séduites !

"Camélia

.1.
— Je m’ennuie.
Voici ce que je lance à mon oncle après deux heures de balade nocturne. Il émet un rictus fier :
— Réjouis-toi que nous soyons en paix.
Je fais rouler mes yeux.
— BLA, BLA, BLA… On dirait mon père !
Lucien m’expédie une tape derrière la tête.
— Fais attention à ce que tu dis !
Vexée, je déclenche mon pouvoir et je grogne :
— Je dis ce que je veux !
En réponse, parce que mon oncle est un grand gamin avec moi, il me montre ses crocs dans l’espoir de m’impressionner. Mais j’ai passé l’âge d’avoir la trouille des vampires. Maintenant, je suis une chasseuse et ils sont mes proies. Je reste donc de marbre en fanfaronnant :
— Tu ne me fais plus peur, TONTON !
J’insiste lourdement sur ce fait pour l’agacer parce qu’à présent, il a horreur que je lui rappelle que nous ne sommes pas seulement des amis, mais avant tout des parents. Lucien me rétorque néanmoins :
— Reste sur tes gardes.
Surprise, je fais l’intéressante :
— Je suis toujours a…
J’entends une balle siffler. Lucien m’écarte vivement. Elle s’écrase dans le béton près de moi. Médusée, je cherche aussitôt d’où elle provient. Pour ce faire, j’utilise ma vision nocturne que je commence à peine à maîtriser. Lorsque je vois la même chose que mon oncle, j’ai la main sur mon flingue et je cesse de faire la gamine pour me transformer en tueuse. Un vampire s’avance vers nous, arme au poing. Je le vise aussitôt en déclarant :
— Laisse-le-moi.
Cependant, Lucien est nerveux. Il abaisse mon pistolet et m’ordonne :
— Rentre chez toi, Camélia.
Interloquée, je réclame :
— Pourquoi ? L’aube n’est pas encore levée.
Contre toute attente, il hausse le ton :
— Fous le camp !
La puissance de son cri me rend aussitôt anxieuse. Ce n’est pas dans mes habitudes de fuir. Aussi, je désobéis :
— Je reste avec toi.
Des présences apparaissent autour de nous. Je n’entends aucun cœur battre, du moins, très faiblement, comme ceux de tous les vampires. J’en dénombre cinq. Je rassure donc mon oncle :
— On va les gérer. J’en prends deux et toi…
Il me coupe :
— Camélia, je vais seulement être capable de les ralentir.
Surprise, car pour moi, Lucien est de loin le vampire le plus fort que je connaisse, je ricane :
— Tu rigoles ? Ce sont juste des…
Une voix sort de l’obscurité :
— Ce n’est pas très prudent de te promener seul, Lucien Helichys.
Tout de suite, je riposte avec orgueil :
— Il n’est pas seul !
Je lui dévoile mes iris pourpres pour montrer ma force. Ce dernier ricane :
— C’est elle ?
Mon oncle me pousse en retrait.
— Que me vaut la visite des frères Sanguis ?
Je suis un peu perdue. Du coup, j’essaie de m’imposer en pointant mon arme vers le vampire qui m’ignore.
— J’existe !
À mes mots, quatre vampires « tombent » du ciel et nous encerclent. J’ai un très mauvais pressentiment. Lucien se transforme, et tous crocs dehors, il se montre menaçant :
— Écartez-vous !
Malheureusement, cela ne suffit pas. Ils se jettent sur nous. Bien entendu, je vide mon chargeur sur le premier à ma portée, ce qui équivaut à une déclaration de guerre en bonne et due forme :
— Tuez-les !
Comme la bête sanguinaire qu’il est, Lucien repousse les assauts de trois vampires, l’un d’entre eux venant d’abandonner à cause des blessures que je lui ai infligées. Le temps que je recharge et que je tire, mon oncle m’attrape et bondit pour me mettre en sécurité. La chair lacérée, il rugit :
— Cours !
Horrifiée de le voir blessé, je remue la tête. Seulement, le meneur a rejoint les trois vampires valides. Ils sont à nouveau quatre à nous pourchasser. Lucien m’agrippe et tente de me conduire à l’abri. Toutefois, je ne suis qu’un poids mort pour lui parce que je n’ai pas encore développé de capacité physique suffisante pour fuir aussi vite que lui. Nous n’avons aucune chance si nous restons ensemble, mais si nous nous séparons, l’un d’entre nous va mourir. Lorsque mon oncle décide de celui qui doit survivre, mon sang se glace :
— Camélia, rappelle-toi ce que je t’ai toujours dit : tu dois survivre.
Je remue la tête.
— Je ne t’abandonnerai pas !
Il empoigne mes cheveux et me brame :
— J’ai promis à ta mère de te protéger ! Barre-toi !
La peur doit se lire dans mes yeux lorsque les vampires s’avancent vers nous comme si c’était une évidence pour eux que fuir ne nous mènerait à rien. Les battements de mon cœur sont assourdissants au moment où je demande :
— Qui sont-ils ?
Il se contente de me souffler :
— Des ennemis.
Pour me convaincre de partir, il me murmure :
— Ma seule chance de m’en sortir, c’est que tu t’en ailles immédiatement. Tu comprends ça ?
Je devine qu’il a un plan. Lucien est bien trop malin pour se laisser tuer. Je lui réponds donc :
— On se retrouve à la maison.
Il opine. À contrecœur, je me mets à détaler. Pour me donner une possibilité de fuir, j’entends mon oncle se battre. J’aimerais à cet instant avoir la capacité de combattre avec lui. Cependant, je fonce tête baissée vers ma moto garée un peu plus loin. Seulement, au moment où je l’atteins, je suis surprise par une présence.
— Échec et mat.
Je pointe aussitôt mon flingue en direction de cette voix. Mon cœur bat à cent à l’heure. Pour la première fois de mon existence, je ressens de la peur pour autre chose que la colère de mon père ou de mon oncle. Un homme, du moins, l’une de ces créatures de merde sort de l’obscurité et me dévoile son visage. Il doit avoir tout juste vingt-cinq ans, enfin, en apparence. Les mains dans les poches, il s’avance vers moi sans me craindre le moins du monde. Je tire plusieurs fois pour le dissuader de m’approcher. Seulement, il m’expédie à la vitesse de la lumière dans le béton. Sa main autour de ma gorge, ses yeux d’un rouge vif, il fronce les sourcils et me grogne :
— Je te tuerai avant même que tu n’appuies sur la détente.
Le canon planté face à son cœur, je fanfaronne :
— Si tu me tues, le coup partira.
Pour lui montrer que je n’ai pas peur de lui, j’active mon pouvoir et je lui ordonne dans l’espoir que celui-ci fasse effet sur lui :
— Écarte-toi !
Il sourit. Mon don ne lui fait ni chaud ni froid, et c’est bien la première fois depuis son apparition qu’il me fait défaut de cette manière. Là, je commence à baliser sérieusement, mais je garde le contrôle pour ne pas le lui révéler. Ses doigts relâchent puis pressent à nouveau ma gorge. Il hésite à me tuer, mais j’ai espoir que mon arme pointée sur son cœur est assez dissuasive. Nous échangeons un long regard, aucun de nous ne cédera. J’ai l’impression que les battements de mon cœur deviennent assourdissants bien malgré moi face à ce vampire redoutable. Je me sens brusquement comme la princesse que mon père voit en moi : vulnérable devant l’une de ces créatures. Tout à coup, son attention est malgré tout attirée par autre chose. Il grogne :
— Fait chier !
J’ai tout juste le temps d’entendre ce qu’il a déjà perçu qu’il m’expédie un bon crochet du droit dans la figure. Je suis K.-O. Mon corps tombe lourdement. D’un bras, il m’attrape et bondit pendant que je perds connaissance.
Je suis foutue…
.2.
Le réveil est douloureux. Je touche ma mâchoire lorsqu’un rictus me surprend :
— Enfin réveillée ?
Tout de suite sur mes gardes, je sursaute en activant mon pouvoir pour me défendre.
— Enfoiré !
Ma réaction est brutale, mais je le laisse de marbre. Le cul sur une chaise, le vampire qui m’a enlevée m’observe de manière impassible. Mon cœur bat à cent à l’heure. Je suis visiblement dans la planque de cette créature, à sa merci et sans arme. Il se lève. Je rugis en essayant une nouvelle fois de le faire obéir :
— Libère-moi !
Un sourire se dessine sur son visage presque angélique, il m’apprend :
— Ne te fatigue pas, le don de ta famille n’a aucun effet sur moi.
Néanmoins, je ne baisse pas les yeux. Je le menace au contraire :
— Ma famille va te pourchasser et te tuer.
Perplexe, il passe la main dans ses cheveux en bataille puis il me répond :
— Quelle règle ai-je enfreinte ?
Surprise, je lui signale :
— Tu me gardes prisonnière !
Il éclate de rire en me signifiant :
— Tu n’es pas attachée que je sache. Libre à toi de partir.
Je sors du lit. Il me précise dans la foulée :
— Si tu y arrives.
Je me fige en saisissant la condition à ma remise en liberté. Ses yeux s’illuminent et deviennent rouge sang comme pour me menacer. Il me dévisage comme si c’était moi le monstre dans la pièce.
— Tu es quoi exactement ?
Vexée, je le reprends :
— Pardon ?
Comme fasciné, il me demande :
— Ton cœur bat très vite. Est-ce de la peur ?
Je crois que ce vampire se fout de ma gueule, je ricane :
— Je n’ai pas peur de toi.
Il approche, exalté que je lui tienne tête :
— J’aime ton odeur.
Je lève un sourcil.
— Tu es répugnant.
Il me rétorque :
— C’est toi qui es une anomalie, pas moi.
Je riposte au péril de ma vie :
— Je préfère être une anomalie qu’un monstre.
Il me fusille du regard puis il me rappelle :
— Dans tes veines coule le sang d’une puissante lignée de vampires. Cela ne fait-il pas de toi un monstre au même titre que moi ?
Un vampire qui essaie de me faire la leçon, j’aurais tout vu !
Je ne suis pas dupe, ma mère m’a raconté que les vampires étaient attirés par la puissance coulant dans mes veines. Aussi, je n’y vais pas par quatre chemins, je remonte ma manche et je lui tends mon poignet :
— C’est mon sang que tu veux ? Sers-toi et laisse-moi partir.
Le vampire sourit, saisit mon bras et hume mon odeur comme un animal. J’ai peur de la douleur que m’infligeront ses crocs lorsqu’il me mordra. Cependant, je fais tout pour le cacher. Il s’approche. Je me crispe pour encaisser la souffrance, mais il me surprend au plus haut point parce qu’il retourne mon poignet et appose délicatement ses lèvres sur le dos de ma main. Sa moustache me chatouille légèrement tandis que les battements de mon cœur s’emballent comme jamais sous ce geste de galanterie qui ne me laisse pas indifférente. Il ose même lancer tout bas :
— Les princesses ne devraient pas traîner dans les rues la nuit, mais être sagement au fond de leur lit, protégées par leur père.
J’ai une absence à ces mots. Je lui réclame :
— Tu te fous de moi ?
Ses yeux se relèvent vers moi. Il me répond :
— Je n’oserais pas, Mademoiselle Venator.
Mon cœur bondit. Sur la défensive, je déclenche une nouvelle fois mon don dans l’espoir qu’il me préserve de cet ennemi. Mais en réponse, il m’oppose ses iris pourpres qui me démontrent que je n’ai aucun ascendant sur lui. Nous échangeons ainsi un long regard tandis que sa main continue de tenir la mienne. Je perds le contrôle.
Si ce vampire ne s’en charge pas, mon père va me tuer. Je dois m’enfuir au plus vite si je ne veux pas être absente à l’aube.
Il se redresse lentement et fait un pas vers moi. J’ai une réaction de rejet envers lui. Je me sers de ma seule arme actuelle : mon intelligence. Je déclare :
— Si tu ne comptes pas me tuer, laisse-moi partir.
Sa main libère la mienne. D’un coup d’œil, je vois son arme posée sur le meuble à deux mètres de moi. Si je la joue finement, je peux l’attraper et espérer le blesser assez fortement pour que je puisse quitter l’appartement. Cependant, il devance mes pensées en m’affirmant :
— Tu n’y arriveras pas.
Je me fige et tente de masquer qu’il m’a confondue :
— À quoi ?
Il me désigne son pistolet comme je le craignais.
— Tu n’auras jamais le temps de l’atteindre, je…
Je l’interromps :
— Tu m’auras tuée avant ?
Le fait que je fanfaronne le fait sourire.
— Tu ne me prends pas au sérieux Camélia Venator. Ne me force pas à te montrer mon vrai visage.
Je m’en amuse :
— Celui du monstre que tu essaies de cacher derrière ton visage d’ange ?
Il me reprend aussitôt :
— Mon visage d’ange ?
Mon cœur détone, je nuance :
— Ta belle gueule, quoi !
Déstabilisée par son sourire, je me vois dans l’obligation de rebondir agressivement :
— Tu étais avec eux ?
Il me prend pour une idiote :
— Qui ?
Je déclare :
— Les hommes qui s’en sont pris à nous.
Il me répète :
— « Nous » ?
Je recule pas à pas vers mon objectif. J’espère être assez maligne pour le manipuler davantage. Je fanfaronne encore :
— Lucien et moi.
Tel un chat, je me déplace subtilement, mais il fait de même, se débrouillant ainsi pour que je sois toujours à sa portée. Il ricane :
— Ton oncle s’est enfui comme un lâche.
Mes yeux bondissent vers lui. Je grogne :
— Ne l’insulte pas !
Je perds mon sang-froid. Il me coince contre la table que je souhaitais rejoindre puis il attrape le flingue que je rêvais de lui voler. Il le vide devant moi. Chaque cartouche tombe à nos pieds.
— C’est toi qui insultes mon intelligence, jeune fille.
Piquée dans mon ego, je riposte :
— J’ai vingt ans !
Il me répond avec une pointe de fierté :
— Un grain poussière dans une vie de vampire.
Il se fout très clairement de moi. Du moins, j’ai du mal à savoir ce qu’il veut et pour quoi il me garde captive. La seule chose que je sais, c’est qu’il me trouble.
Son visage est celui d’un humain de vingt-quatre ou vingt-cinq ans. Pourtant, je me doute qu’il doit avoir plusieurs siècles. Mais quand mes yeux se posent sur lui, je ne vois que l’homme qu’il représente et c’est perturbant. Charismatique et froid, il semble tout maîtriser pendant que j’improvise depuis mon réveil. Je me sens vulnérable, c’est horrible. Le pire dans tout ça, c’est que quelque chose m’attire en lui. Oui, quelque chose me pousse à le défier et à lui parler alors que tout en lui devrait me motiver pour le tuer ou pour m’échapper. Je suis libre, mais prisonnière à la fois par la fascination qu’il me provoque…"
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